Que de chemin parcouru depuis ses débuts au sein du groupe Stable Mates, avec qui elle effectuait le circuit des bars de blues au début des années quatre-vingt, ou même sa première tournée européenne, comme choriste avec Roch Voisine! Un autre des artistes à qui elle prêtait généreusement sa voix, Dan Bigras n'hésitait pas, lors de ses spectacles, à lui confier le micro (plusieurs ont gardé un souvenir impérissable de son interprétation de "Amazing Grace" a capella). Toutes ces expériences ont façonné sa capacité d'interprétation et sa présence toute personnelle face au public.

Luce Dufault ne tarde pas à s'imposer elle-même comme interprète. En 1989, elle se mérite le premier prix au concours Musicart, animé par Daniel Lavoie. En 1992, elle fait partie de la distribution québécoise de La légende de Jimmy, le deuxième opéra rock de Luc Plamondon et Michel Berger. L’année suivante, elle est choisie pour présenter sur scène et sur disque, la chanson "Quand les hommes vivront d'amour" désignée chanson du siècle par vote populaire lors d'un concours fortement médiatisé. À l’automne 93 Luc Plamondon lui offre le rôle de Marie-Jeanne dans la nouvelle production de Starmania, présentée d’abord au Mogador à Paris, puis en tournée européenne et québécoise, soit plus de deux ans sur la route.

À son retour, Luce Dufault donne naissance à sa fille Lunou et se consacre, parallèlement à ses activités familiales, à la préparation de son premier album qu’elle lance au printemps 1996. Plusieurs auteurs compositeurs avec qui elle a naguère partagé la scène et les studios lui font cadeau de pièces originales, notamment Richard Séguin et Dan Bigras. Ce dernier lui rend aussi la politesse en se chargeant des arrangements et de la direction musicale sur six des onze chansons qu'on y retrouve. Luce devient bientôt une des voix de référence des ondes québécoises avec des chansons comme "Belle Ancolie", "Ce qu'il reste de nous" et, naturellement, "Quand les hommes vivront d'amour".

Devenue un visage familier pour un plus large public, Luce Dufault continue de séduire les oreilles québécoises et françaises avec les mélodies de son deuxième album qui paraît deux ans plus tard. Les auteurs considèrent toujours un privilège d'entendre leurs mots repris par cette muse de grand talent. Cette fois, ce sont Zachary Richard et Roger Tabra qui viennent s'ajouter à Marc Chabot, Richard Séguin, Christian Mistral et Sylvie Massicotte, pour l'approvisionner, en plus du duo Thierry Séchan/Daniel Lavoie qui apporte trois créations originales dont la chanson titre "Des milliards de choses". Mais Luce trouve aussi plaisir à se mesurer à des oeuvres de répertoire qui ont déjà fait leur marque. Elle qui a réactualisé le classique de Raymond Lévesque sur son premier enregistrement livre alors une bien agréable interprétation de la chanson "De la main gauche" que nous laissait, plus de dix ans auparavant, Danielle Messia.

Cet amour des refrains du répertoire trouve à s'exprimer plus que jamais au printemps 2000, alors qu'elle se paie, au milieu de sa tournée régulière, deux soirées de relectures presque acoustiques des chansons qu'elle a aimées à l'adolescence et chantées lors des ses années d'apprentissage de la scène. Pour son propre plaisir et à la grande joie de ses fans, ces deux soirées sont gravées sur le disque "Soir de première", lancé quelques semaines plus tard. Son répertoire habituel y fait place à ses mélodies préférées de Etta James, Carole King, Jacques Brel ou Leonard Cohen. Contrairement à toute attente, ce qui devait être le simple témoignage d'une parenthèse sur le chemin de sa carrière professionnelle devient son album le plus apprécié jusque-là.

À l'issue de cette tournée, elle marque une pause pour donner naissance à son deuxième enfant, un fils qu'elle nomme Mika, puis s'entoure à nouveau de plusieurs fidèles complices dont Thierry Séchan, Nancy Dumais et Michel Rivard et prépare un nouvel album de chansons écrites sur mesure, "Au-delà des mots" qui parait à l'automne 2001. Le refrain "Si demain", que lui a concocté le prolifique Alain Simard, se fait rapidement familier et la tournée qui s'en suit se prolonge pendant une centaine de représentations qui lui valent une de ses trois nominations au prochain Gala de l'ADISQ, à l'automne 2002, à titre de Spectacle de l'année - Interprète, les deux autres étant dans la catégorie Album de l'année - Pop-Rock et comme Interprète féminine de l'année. Cette tournée se poursuit jusqu'en février 2003.

Luce fait alors à nouveau la pause et s'affaire à la préparation de nouvelles chansons en vue de son cinquième album "Bleu". Sa parution, au printemps 2004, est précédée de la chanson "Tu me fais du bien" que lui écrit tout spécialement Daniel Bélanger. Parmi les autres collaborations, citons les noms de Sylvie Paquette pour quatre titres dont "Tout comme", deux musiques de Richard Séguin, une chanson de Pierre Lapointe "Si...", une de Nelson Minville "Quelque chose de grand", et des textes de Dave Richard, Hélène Pednault et Marc Chabot, entre autres. Trois peintures de Marie-Claude Lord ornent la pochette où domine, bien entendu, la couleur thématique de l'album.

 

 

Site officiel: http://pages.infinit.net/prodld/luce_acceuil.htm

 

 

 

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